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Paysages de l’effacement Précédé de FEU D’OISEAUX
EAN : 9789969525205
Édition papier
EAN : 9789969525205
Paru le : 31 déc. 2099
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- EAN13 : 9789969525205
- Collection : POEMES DU
- Date Parution : 31 déc. 2099
- Disponibilite : Pas encore paru
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 142
- Format : H:190 mm L:140 mm E:7 mm
- Poids : 120gr
- Résumé : Sept questions à Amina Saïd1/ Une autobiographie en quelques mots.Très tôt, je suis partagée entre deux rives et confrontée à deux puis trois puis quatre langues. Dans chacun des livres que j’ai écrits, je tente, d’une manière ou d’une autre, de rapprocher les deux rives. Peu à peu, les territoires incertains de la poésie me révèlent la possibilité d’un « lieu » où se résoudraient les divisions, les contradictions, les dissonances.2/ Comment répondre à une injonction brusque : « Définissez la poésie. »La parole essentielle ? Un acte de résistance face aux multiples forces de destruction ? Notre manière de veiller dans la grande nuit anonyme ? La recherche de notre être spirituel ? L’infini questionnement du réel ? L’affirmation inaliénable de la vie face au néant ? 3/ Prose et poésie, la distinction a-t-elle un sens ?Le poème en prose, s’il est riche de jeux de sonorités, de rythmes, de figures de style, de métaphores, se distingue surtout du poème par l’aspect visuel, car il ignore les vers qui vont à la ligne, mais se développe de paragraphe en paragraphe. Il peut recourir à des signes visuels, comme des blancs ou la ponctuation grammaticale, pour marquer des pauses. 4/ De la forme (et du formel) en temps de crise.Le poète colombien Alvaro Mutis participait à une rencontre quand une personne dans l’assistance lui posa la question suivante : « À quoi sert la poésie dans un monde où il y a la faim, la maladie, la guerre, l’injustice, l’oppression, la torture, la violence ? » Il répondit : « Face à ce que vous évoquez, je n’ai pas trouvé d’autre solution que d’écrire de la poésie chaque jour. »5/ Quel avenir pour la poésie ?L’avenir de la poésie me paraît corrélé à celui de notre planète, donc à celui de l’humanité.6/ La part de la prosodie dans l’élaboration du poème.Le silence est la source du poème, le silence ineffable, qui est « prélude à cet état du verbe qui lui-même amorce et déclenche la parole poétique », rappelle le philosophe et grand connaisseur de la musique Vladimir Jankélévitch, pour qui « ce silence est déjà poème et musique, musique implicite et poème tacite, l’un et l’autre enveloppés dans la profondeur féconde du chaos ».Sur la page, entre les mots, les strophes, en fin de vers et jusque dans les marges, les blancs sont la respiration du poème. Ils marquent des pauses qui agissent sur le sens et sur le rythme, l’intonation, la mélodie. Ils participent de l’élaboration du poème et sont autant d’indications, d’orientations tant pour son interprétation que pour son énonciation. En partie déterminés par les mots, ces espaces de liberté suggèrent un au-delà du texte qui trouve chez le lecteur écho et résonance.« Mais il y a plus, disait le poète argentin Roberto Juarroz, dans son essai Fidélité à l’éclair : non seulement il y a cette enveloppe de silence qui porte le mot, mais chaque mot a sa propre charge intérieure de silence. C’est comme s’il y avait entre chacune de ses lettres une zone qui les unissait. Quelle est la charge du silence d’un mot ? […] Chaque mot apporte son silence ; c’est grâce à cette combinaison particulière que naît la poésie. »On devrait aborder le poème comme on approche un coquillage de son oreille pour se mettre à l’écoute de son silence « bruissant ». Ces blancs, où l’invisible se fait visible, sont l’horizon du poème, un pressentiment de l’inaccessible, de l’indicible, de l’ineffable. Ils sont un peu de nuit éblouie, ils sont un éblouissement au cœur de l’obscur. Et ce que tente le langage métaphorique de la poésie, c’est d’approcher ce qu’il y a derrière le visible, de suggérer cette autre réalité qui le hante, de rechercher quelque lumière au cœur des ténèbres.7/ La place de la traduction dans l’écriture poétique.Mon nom comme le lieu de ma naissance font référence à la rive sud de la Méditerranée, et j’écris en français, qui est ma langue maternelle. Toutefois, la langue arabe irrigue la poésie que j’écris, si bien que mon poème s’écrit entre deux langues. « Une poésie arabe en langue française », a pu dire le poète tunisien Moncef Ghachem. Selon le poète, essayiste et traducteur Claude Esteban, longtemps partagé entre le français et l’espagnol, « seule l’expression assidûment vécue d’une étrangeté, dirai-je d’une altérité à sa propre langue, peut rendre compte, au plus profond de l’esprit, de la notion d’exil » (Le Partage des mots).Écrire de la poésie, c’est écrire / traduire l’exil, l’absence, l’errance. En témoignent mes recueils, hantés par les paysages originels, les allers et retours entre les rives, la recherche du lieu. Car le poète vit une triple absence : du lieu qu’il a laissé, dans le lieu qu’il s’est créé, du lieu qu’il cherche et qui est toujours ailleurs, ou nulle part. L’écriture poétique m’a suggéré un espace entre deux mondes, un entre-deux. Si les langues sont une ouverture sur d’autres cultures, je suis attachée à la parole poétique en ce qu’elle est une parole universelle.Ma connaissance de l’anglais m’a permis de découvrir les poètes anglophones, et, plus tard, de traduire en français une partie de l’œuvre d’un romancier philippin, José F. Sionil. Poésie et traduction sont des actes créateurs. Comme le poète, le traducteur est en quête du mot juste et prête toute son attention à la langue. Comme le poème, la traduction est toujours inachevée, jamais définitive. Et comme le poème, le texte original d’une œuvre littéraire possède son rythme propre et conserve une part de silence, de mystère, quelque chose qui serait de l’ordre de l’indicible, de l’insaisissable, de l’incommunicable, et donc de l’intraduisible.



















