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Le Réservataire
Sabine Wespiese - EAN : 9782848056500
Édition papier
EAN : 9782848056500
Paru le : 7 janv. 2027
22,00 €
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A paraître 7 janv. 2027
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- EAN13 : 9782848056500
- Réf. fournisseur : 466347
- Collection : LITTERATURE
- Editeur : Sabine Wespiese
- Date Parution : 7 janv. 2027
- Disponibilite : Pas encore paru
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 230
- Poids : 0gr
-
Résumé :
À première vue, rien ne prédestinait Zed à être le héros d’une histoire. À vingt-six ans il s’est mis en retrait du monde, a renoncé à tout, ne sort quasiment plus de la chambre exiguë où il passe ses journées à dormir et ses nuits à tuer le temps. Ses seules ambitions : ne pas se fâcher avec son colocataire, et ne pas perdre la maigre allocation qui lui permet de vivoter. Comme il l’explique à sa conseillère de la Caisse d’action sociale, lors d’un des rares rendez-vous qu’il n’ait pas oublié d’honorer : « Oh vous savez, il y a les surdoués, les hyperactifs, tout ça, eh bien pour ma part je suis hyper-précoce : à l’âge où tant d’autres n’en sont encore qu’à accomplir leurs premiers pas dans la vie, moi, j’ai déjà tout raté. »
L’humour de Diane Meur fait merveille pour camper ce personnage de jeune homme qui, face aux injonctions de performance et d’adaptabilité parfaitement intégrées par son insupportable colocataire, se tient sur la réserve. Mais c’est compter sans le pouvoir des mots et le besoin de sens, qui le rattrapent ou peut-être ne l’ont jamais quitté. Car le voilà taraudé par une question en apparence saugrenue : De qui suis-je le testament ? Tour à tour il la pose à sa mère (apathique et dépressive), à son ancienne professeure de lettres (désabusée), à un buveur mystique croisé dans une taverne, à son meilleur ami Toni qui, lui, squatte une usine désaffectée et a pris quelques longueurs d’avance sur le chemin de l’autodestruction.
Les réponses sont d’abord maigres. Cependant la question agit comme un révélateur, et le doute nous vient : est-ce le regard décalé de ce doux rêveur qui fait paraître le monde ambiant aussi absurde que menaçant, plein de dangers ? Ou règne-t-il vraiment, dans cette capitale européenne au riche passé culturel, une pesante atmosphère de bascule illibérale ? Sous couvert de s’amuser, Zed prend peut-être des risques en placardant De qui suis-je le testament sur les affiches à la gloire de l’indéboulonnable Premier Ministre et de son successeur désigné, qui n’est autre que son propre fils.
Une série de péripéties – dont un coup de foudre à la Caisse d’action sociale – va infléchir le parcours de cet étrange garçon plutôt bien de sa personne, découvrons-nous quand il se donne enfin la peine de se regarder dans un miroir. Poussé par le désir de sauver son ami, de gagner le cœur de sa belle et de poursuivre sa quête de sens, il se retrouve incarner toutes les oppositions possibles, dans cette société sécuritaire et autoritaire qui nous donne de plus en plus une impression d’inquiétante familiarité. Le fait de jeter dans l’espace public, sous forme de tracts et d’affiches, une parole libre, ouverte et inclassable, y dépose un ferment de subversion communicatif, en même temps que Zed y reprend radicalement la maîtrise de sa vie.
De ce récit mené tambour battant et où l’on retrouve avec joie la malice comme la puissance narrative de l’autrice, se dégage soudain une grande force d’émotion. L’espoir naît de ceux qui, dans le sillage de Zed, refusent d’être le testament d’un monde allant à sa perte : « Je préfère avoir des ennuis, résume l’un de ces personnages, plutôt que de me renier et de vivre quand même dans la peur. »
Avec ce « conte réaliste » qui éveille de troublants échos avec notre situation contemporaine, Diane Meur signe un réjouissant retour à la fiction et nous propose, chemin faisant, un roboratif manuel de résistance à l’esprit des temps.
- Biographie : Née à Bruxelles en 1970, Diane Meur, écrivaine et traductrice, vit à Paris. Depuis son premier roman, La Vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par lui-même (2002), en passant par Les Vivants et les Ombres (2007), La Carte des Mendelssohn (2015) ou Sous le ciel des hommes (2020), elle construit une œuvre d’une joyeuse intelligence, où érudition, fantaisie et subversion mènent le bal.


















