Le Savoir-déporté. Camps, histoire, psychanalyse

Seuil - EAN : 9782020662529
STERN ANNE-LISE
Édition papier

EAN : 9782020662529

Paru le : 9 juin 2004

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  • EAN13 : 9782020662529
  • Réf. fournisseur : SEL135782
  • Collection : LA LIBRAIRIE DU
  • Editeur : Seuil
  • Date Parution : 9 juin 2004
  • Disponibilite : Disponible
  • Barème de remise : NS
  • Nombre de pages : 352
  • Format : H:140 mm L:225 mm E:23 mm
  • Poids : 380gr
  • Résumé :

    ANNE-LISE STERN

    LE SAVOIR-DÉPORTÉ

    CAMPS, HISTOIRE, PSYCHANALYSE

    Précédé de
    Une vie à l' ?uvre par Nadine Fresco et Martine Leibovici

    Naître, c'est naître après. « Pour tout un chacun des générations post-nazies, la petite et la grande histoire se sont nouées dans la poubelle des camps. »

    La femme qui parle ainsi appartient, elle, à une génération précédente. Anne-Lise Stern avait en effet vingt-deux ans lorsqu'elle fut déportée à Auschwitz-Birkenau au printemps de 1944. Ce « nouage entre le privé et le public » a d'abord été pour elle une réalité.

    Quand, plus tard, elle est devenue psychanalyste, la confrontation de l'expérience du camp et de sa pratique clinique, de ce qu'elle avait vécu là-bas et de ce qu'elle a entendu ici, dans diverses institutions de soins et sur son divan, l'a conduite à élaborer la notion qui donne son titre à ce livre : le savoir-déporté.

  • Biographie :

    Connue dans les milieux analytiques et littéraires, Anne-Lise Stern, qui est psychanalyste à Paris, l’est bien moins du public lecteur. Et pour cause : à 83 ans, c’est son premier livre. On a pu néanmoins la lire dans des revues psychanalytiques ou littéraires quand Sollers choisit de la publier dans l’Infini ou Claude Lanzmann dans les Temps Modernes. Membre de l’Ecole freudienne fondée par Lacan en 1964, A.-L. Stern s’est toujours caractérisée par sa liberté à l’égard de tout formalisme institutionnel. Par sa vie comme dans son œuvre elle a toujours été « dedans-dehors ».
    Il faut donc prendre le temps d’en dire un peu plus sur cet auteur dont ce premier livre est à la fois sa vie et son œuvre.
    Elle est née en 1921 à Mannheim (Allemagne), dans l'atmosphère "freudo-marxiste", comme elle la décrit (son père est psychiatre), d'une famille de militants socialistes. Juste après l'arrivée d'Hitler au pouvoir, son père est incarcéré, en même temps que les autres socialistes et communistes du conseil municipal. L'exil est brutal : le jour même où il sort de prison, il rejoint sa femme et sa fille sur le quai du premier en train en partance pour Sarrebrück.
    Tous trois vivent depuis lors en France, où ils sont naturalisés en 1938. Arrêtée en avril 1944 comme juive, malgré ses faux papiers, ALS est déportée depuis Drancy au camp d'Auschwitz. Il se trouve qu’elle a fait partie du même convoi que Simone Veil et les enfants d’Izieu. Après son retour, elle entreprend des études de psychologie, commence une analyse avec Lacan en 1956 et s'implique dorénavant dans l'histoire, fort mouvementée, du mouvement lacanien. Comme psychothérapeute puis psychanalyste, elle participe pendant vingt-cinq ans à plusieurs expériences de soins totalement pionnières :
    l'introduction- qui se révèlera hautement bénéfique pour les enfants hospitalisés, leurs parents et les soignants - de psychanalystes, c'est-à-dire de la spécificité de leur écoute et de leurs interventions, dans des services de pédiatrie, à l'hôpital Bichat puis des Enfant-Malades (1953-1968) ;
    le Laboratoire de psychanalyse de la Bastille, directement inspiré des utopies concrètes de mai 1968, où est pratiquée une psychanalyse très bon marché afin d'être accessible à tous (1968-1972) ;
    le service pour toxicomanes de l'hôpital Marmottan, dirigé par le psychiatre Claude Olievenstein (Il n'y a pas de drogués heureux, R. Laffont, 1976), où la prise en charge psychothérapeutique est fondée sur une conception de la toxicomanie comme pathologie nouvelle, liée à des formes de vie marginales, et dont la signification échappe aux pouvoirs médicaux, administratifs ou policiers (1972-1978).
    Dès que l'"affaire Faurisson" éclate, en décembre 1978, ALS tente, sans grand succès, de mobiliser ses collègues psychanalystes sur la gravité de l'entreprise négationniste. Elle inaugure alors un séminaire bimensuel, qu'elle appelle "recherche-témoignage". L'originalité de ce travail tient à la lecture-montage-démontage de l’actualité qu'elle y expose, à partir de fragments pris dans des livres récents, des films qui sortent, les journaux, la radio, la télévison, des graffiti sur les murs, etc. Cette lecture-montage est aussi, en effet, un démontage parce qu'elle permet de dévoiler le lien, souvent aussi étroit que masqué, de ces divers signifiants avec la période de la guerre. Ce séminaire, intitulé « Camps, histoire, psychanalyse - leur nouage dans l'actualité européenne» se tient depuis 1991 à la Maison des Sciences de l'Homme, où il est classé dans la rubrique "Soutien de la MSH"


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