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Le Moïse de Michel-Ange, par Sigmund Freud
EAN : 9791043129186
Édition papier
EAN : 9791043129186
Paru le : 22 sept. 2026
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- EAN13 : 9791043129186
- Réf. fournisseur : 469377
- Collection : OPEN CULTURE
- Date Parution : 22 sept. 2026
- Disponibilite : Disponible
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 34
- Format : H:210 mm L:148 mm E:2 mm
- Poids : 59gr
- Résumé : "Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, offre avec "Le Moïse de Michel-Ange" (publié de façon anonyme en 1914 dans la revue Imago, complété par un appendice en 1927) une incursion magistrale dans le domaine de l'esthétique. Ce texte se démarque par sa méthodologie singulière, appliquant l'investigation analytique à l'une des sculptures les plus emblématiques de la Renaissance italienne. Située dans l'église Saint-Pierre-aux-Liens à Rome, la statue colossale de Moïse, commandée par le pape Jules II pour son tombeau, a longtemps suscité des interprétations contradictoires. Avant la lecture freudienne, des historiens de l'art comme Jacob Burckhardt, Wilhelm Lübke ou Carl Justi débattaient âprement de la posture du prophète biblique. La majorité y voyaient le préambule d'une action violente : Moïse, descendant du mont Sinaï avec les Tables de la Loi et découvrant le peuple hébreu adorant le Veau d'or, serait sur le point de bondir sous une fureur divine, prêt à fracasser son fardeau. D'autres critiques, comme Eugène Guillaume ou Müntz, y lisaient une attitude prophétique, dénuée de toute agitation imminente. Freud écarte ces hypothèses avec une minutie chirurgicale. S'inspirant de la méthode analytique de Giovanni Morelli -- expert qui authentifiait les oeuvres d'art en se focalisant sur des détails négligés, comme un ongle ou un lobe d'oreille --, le psychanalyste déplace son attention vers des éléments mineurs de la sculpture. Il s'attarde sur l'étrange position de la main droite, sur la pression exercée par l'index sur la barbe, et sur la disposition instable, presque renversée, des Tables de la Loi. A travers une reconstitution dynamique de ce mouvement figé, Freud démontre que la pose de Moïse n'est pas le prélude à un élan de destruction, mais le résidu physique d'une action violemment interrompue. Moïse a effectivement été saisi par la colère à la vue du sacrilège. Dans un premier mouvement d'emportement, il a voulu se lever, sa main plongeant précipitamment dans sa barbe, relâchant l'étreinte qui maintenait les Tables sacrées. Mais, prenant conscience que son trésor allait se fracasser, une inhibition salvatrice est intervenue. La main a reculé en hâte pour retenir les Tables in extremis, entraînant une épaisse mèche de la barbe du côté gauche vers le côté droit. Cette figeance ne représente donc pas le calme avant la tempête, mais la victoire suprême de la volonté consciente sur la passion. Freud perçoit un Moïse aux proportions surhumaines, supérieur à la figure biblique de l'Exode qui s'était laissée emporter jusqu'à briser les Tables. Michel-Ange a façonné un héros capable d'un immense contrôle psychique. Freud tisse également un lien entre le tempérament de l'artiste, l'ambition du pape Jules II, et cette représentation de la passion domptée, y voyant une leçon morale adressée tant au souverain pontife qu'à Michel-Ange lui-même. L'appendice, rédigé en 1927, étaye cette théorie. Freud y décrit une statuette en bronze du douzième siècle attribuée à Nicolas de Verdun, conservée au musée Ashmolean. Cette oeuvre reproduit exactement la prise violente de la barbe que la théorie freudienne postulait comme l'étape précédant la posture de la statue romaine. Cet essai est un document fondamental pour tout lecteur intéressé par l'art classique, la Renaissance et la psychologie de la création. En décortiquant le chef-d'oeuvre de Michel-Ange, Freud ne résout pas qu'une énigme architecturale ; il livre une méditation intemporelle sur la maîtrise de soi et démontre la puissance des détails marginaux. Ce texte illustre parfaitement comment l'oeil du psychanalyste peut enrichir notre compréhension de l'héritage esthétique mondial."



















