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La Disparition des lucioles
EAN : 9782021311839
Paru le : 19 mai 2016
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- EAN13 : 9782021311839
- Réf. fournisseur : SEL191773
- Collection : FICTION ET CIE
- Editeur : Seuil
- Date Parution : 19 mai 2016
- Disponibilite : Disponible
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 204
- Format : H:168 mm L:211 mm E:17 mm
- Poids : 498gr
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Résumé :
Rien n’est plus grave que l’acte photographique. Pour un écrivain, s’y livrer c’est signer chaque fois un « départ d’orgueil ». C’est aussi abandonner à tout bout de champ les simulacres et les stratégies, échapper à la contrainte des persuasions, à la subtilité obligatoire des enchaînements. J’ajouterais même : au savoir-faire, si je n’étais sûr du contraire, sûr qu’il s’agit là d’un leurre qu’on rajoute tous les jours au débat sous une forme différente. Tout gain de liberté (et chaque instantané photographique en gagne) va de pair avec une augmentation de savoir-faire. C’est ça qui fait le style. Et c’est le vertige éprouvé à leur course commune, au sursaut qu’ils font sur l’abîme, qui définit bien sûr cet art.
D’où l’importance accordée tout au long de ce livre – par le biais d’approches voulues aussi diversifiées que le sont l’essai, l’interview, la fiction, le journal intime, ou encore une série de photos commentées comme autant de schémas pensifs – à la prise photographique elle-même, moment de sensation éperdue qui dit textuellement ceci : toute photo est une intelligence qu’épuise une lumière.
Les lucioles disparaissent peu à peu, cantonnées dans quelques réduits occasionnels de la nature. Mais tandis que ces charmants animaux à la lumière se font rares, nous autres photophores prenons le relais. La fabrication des photos ne laisse rien dans l’ombre, et surtout pas l’instant de folie pure qu’abrite le déclenchement de la photo.
Devant la gravité de telles certitudes, l’écrivain que je suis est renvoyé à la solitude, à l’angoisse, à la pénombre de sa durée. Mais à la beauté aussi, circulant entres elles et lui, qui valait bien le voyage.
Chaque photo répète la phrase de Proust : « Nous disions : après, la mort, après, la maladie, après, la laideur, après, l’avanie. »
On verra bien.
Denis Roche
Denis Roche (1937-2015) a créé la collection « Fiction & Cie » en 1974. Cette réédition dans une nouvelle mise en page se fait donc dans son lieu.
Retrouvez ses oeuvres photographiques sur le site http://www.denisroche-photographe.com
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Biographie :
Denis Roche est né à Paris en 1937. Il est mort à Paris le 2 septembre 2015. Auteur d’une trentaine de livres, il a produit une très importante œuvre poétique et photographique. C’est en 1962 que Jean Cayrol publie son premier texte Forestière Amazonide dans la collection « Écrire » au Seuil. De 1964 à 1970, il commence sa vie professionnelle d’éditeur aux éditions Tchou où il publiera en 1969 Carnac ou lesmésaventures de la narration. Il traduit les Cantos pisans d’Ezra Pound et plusieurs poètes américains. De 1962 à 1972, il participe au comité directeur de la revue Tel Quel et c’est dans la collection « Tel Quel » qu’il publiera ses premiers livres de poèmes, Récits complets en 1963, Les idées centésimales de Miss Elanize en 1964, Eros énergumène en 1968 et LeMécrit en 1972.
Son œuvre poétique sera rassemblée en 1995 aux Éditions du Seuil sous le titre La poésie est inadmissible.
En 1971, il entre aux éditions du Seuil. Membre du comité éditorial, il y fonde en 1974 la collection « Fiction & Cie », consacrée à la littérature contemporaine (où paraîtra en 1976 son roman Louve basse et les Dépôts de savoir et technique en 1980) et dirigera, entre autres, la collection « Les Contemporains ». Il a énormément contribué, en tandem avec son épouse Françoise Peyrot, à l'essor et au prestige des Éditions du Seuil. Il en a incarné l’aspect le plus novateur, le plus inventif, le plus audacieux. Denis Roche était un artiste de l’édition, qui a permis l’éclosion et l’affirmation de très nombreux talents. En 2004, bien décidé à prendre sa retraite, il a transmis la collection « Fiction & Cie » à Bernard Comment, qu’il a souvent accompagné de ses conseils généreux.
Il a été membre du jury du prix Médicis jusqu’en 2013.
Il a commencé à exposer et à publier ses photographies en 1978, avec Notre antéfixe, qui fut l’une des références de ce qu’on a appelé, à sa suite, la « photo-autobiographie ». En 1980 il fonde, avec Gilles Mora, Bernard Plossu et Claude Nori, les Cahiers de la photographie. Mais c’est surtout avec La Disparition des lucioles, en 1982, recueil de textes sur l’acte photographique, qu’il attire l’attention de la critique. De nombreuses expositions vont alors se succéder : en France, à la galerie Maeght, à l’Espace photographique de Paris, et à la galerie Le Réverbère, à Lyon ; en 1998 à Bruxelles, Hanovre, Francfort, Turin, Naples, Atlanta, New York ; mais aussi au Mexique, en Autriche, au Pérou, en Égypte, au Japon, en Syrie, etc.
En 1997, il a reçu le Grand prix de photographie de la Ville de Paris. En 1999 il est exposé aux Rencontres d’Arles.
En mars 2001, Gilles Mora lui consacre au Seuil, en coédition avec la Maison Européenne de la Photographie, une importante monographie chronologique sous le titre Denis Roche - Les Preuves du temps qui retrace l’ensemble de son œuvre photographique depuis 1971.
En 2007 au Seuil du livre La photographie est interminable, entretien avec Gilles Mora.
En novembre 2015, une grande exposition de son œuvre photographique intitulée Photolalies, 1964-2010 s'est tenue au Pavillon populaire à Montpellier. Le catalogue de l’exposition, préfacé par Gilles Mora, a été publié aux Éditions Hazan.
Une rétrospective de l'œuvre photographique de Denis Roche est prévue à la Galerie Les Douches-La Galerie, à Paris à partir du 5 septembre jusqu'à fin octobre 2025.
Homme de convictions fortes, il les exprimait avec véhémence et courage. Il savait aussi avoir un regard distant et amusé sur le monde. Ce qu’il a fait restera.
Retrouvez ses oeuvres photographiques sur le site http://www.denisroche-photographe.com



















