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Journal (1955-1962)
EAN : 9782020009928
Paru le : 1 oct. 1962
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- EAN13 : 9782020009928
- Réf. fournisseur : SEL177594
- Collection : MEDITERRANEE
- Editeur : Seuil
- Date Parution : 1 oct. 1962
- Disponibilite : Manque sans date
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 352
- Format : H:140 mm L:216 mm
- Poids : 401gr
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Résumé :
« N’ai-je pas écrit tout ceci au jour le jour, selon mon état d’âme, mon humeur, selon les circonstances, l’atmosphère créée par l’événement et le retentissement qu’il a pu avoir dans mon cœur ? Et pourquoi ai-je ainsi écrit au fur et à mesure si ce n’est pour témoigner, pour clamer à la face du monde la souffrance et le malheur qui ont rôdé autour de moi ? Certes, j’ai été bien maladroit, bien téméraire, le jour où j’ai décidé d’écrire, mais autour de moi, qui eût voulu le faire à ma place et aurais-je pu rester aveugle et sourd pour me taire et ne pas risquer d’étouffer à force de rentrer mon désespoir et ma colère ? Et maintenant que c’est fait, que tout est là, consigné, bon ou mauvais, vrai ou faux, juste ou injuste, maintenant que nous entrevoyons la fin du cauchemar, faudra-t-il garder tout ceci pour moi ?
Après ce qui s’est écrit sur la guerre d’Algérie, bon ou mauvais, vrai ou faux, juste ou injuste, il convient qu’à cela s’ajoute mon journal, comme une pièce supplémentaire à un dossier déjà si lourd.
Je sais combien il est difficile d’être juste, je sais que la grandeur d’âme consiste à accepter l’injustice pour éviter soi-même d’être injuste, je connais enfin les vertus héroïques du silence. Bonnes gens, j’aurais pu mourir depuis bientôt dix ans, dix fois j’ai pu détourner la menace, me mettre à l’abri pour continuer de regarder ceux qui meurent. Ceux qui ont souffert, ceux qui sont morts pourraient dire des choses et des choses. J’ai voulu timidement en dire un peu à leur place. Et ce que j’en dis, c’est de tout cœur, avec ce que je peux avoir de discernement et de conscience. »
Mouloud Ferouan
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Biographie :
Né le 8 mars 1913 dans le village de Tizi-Hibel, son nom est Aït-Chabane, Feraoun étant le nom attribué par l'état-civil français. Boursier à l'Ecole Primaire Supérieure de Tizi-Ouzou, il entre à l'Ecole Normale de Bouzaréa en 1932 où il fait la connaissance d'Emmanuel Roblès. En 1935, il est nommé instituteur à Tizi-Hibel où il épouse sa cousine Dehbia dont il aura 7 enfants. En 1957, nommé directeur de l'Ecole Nador de Clos-Salembier, il quitte la Kabylie pour les hauteurs d'Alger. Il entame une correspondance avec Albert Camus, et reçoit le prix populiste en 1953 pour son roman La terre et le sang. Devenu inspecteur des Centres Sociaux, il est assassiné par l'OAS le 15 mars 1962 à quatre jours du cessez-le-feu.

















