D'ARCHITECTURES N 332 : L'ARCHITECTURE DU SOIN - FEVRIER/MARS 2026 - QUEL HOPITAL POUR DEMAIN ?

D Architecture - EAN : 3663322135897
D'ARCHITECTURES
Édition papier

EAN : 3663322135897

Paru le : 10 mars 2026

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  • EAN13 : 3663322135897
  • Editeur : D Architecture
  • Date Parution : 10 mars 2026
  • Disponibilite : Disponible
  • Barème de remise : M
  • Nombre de pages : 100
  • Format : 0.80 x 23.00 x 30.00 cm
  • Poids : 442gr
  • Résumé : « Cela reste une loi immuable de l’histoire qu’elle interdit précisément aux contemporains de discerner dès le début les grands mouvements qui déterminent une époque », écrit Stefan Zweig en 1941. Il faitréférence aux mois qui ont précédé la Première Guerre mondiale, puis à l’inexorable montée en puissance des totalitarismes des années 1930 et bien sûr au triomphe des nazis qui l’ont poussé à l’exil au Brésil, où il se suicide en 1942. Sommes-nous encore assujettis à cette loi, alors que, de Trump à Poutine en passant par l’AfD (le parti allemand néo-nazi pro-russe), l’architecture moderne est si ouvertement bannie comme un art qui ne serait pas conforme à nos « valeurs » ? Hans-Thomas Tillschneider, député de l’AfD, explique ainsi que le Bauhaus est « anti-allemand (…) et ne peut pas nous servir de modèle, mais seulement d’aberration historique », une référence directe au discours sur « l’art dégénéré » de Hitler et de l’architecte Paul Schultze-Naumburg, l’auteur de l’essai Art et race (1928).Lancé dans une compétition masculiniste avec son ami Vladimir, qui s’est fait construire un palais bunker néo-pétersbourgeois sur les bords de la mer Noire, Trump avait dès son investiture signé un décret intitulé : « Promotion d’une belle architecture civique fédérale », prônant le retour au style viril (sic) de l’Empire romain pour tous les bâtiments publics. Se sont ensuivis l’effarant projet de salle de bal de la Maison-Blanche (pour lequel même son architecte James McCrery semble avoir pris ses distances après que Trump ait encore voulu l’agrandir), puis à Washington un projet d’arc de triomphe à sa gloire. Pour bien détruire une profession qu’il sait majoritairement hostile à son hubris, il a également ôté au diplôme d’architecte sa reconnaissance professionnelle au niveau fédéral. Une décision qui non seulement affaiblit le rôle des architectes mais qui coupe drastiquement le financement de prêts étudiants dont on sait qu’ils sont essentiels dans un pays où les études sont très chères. Enfin, tout dernièrement, ce sont les ponts et toutes les infrastructures civiles qui devront se conformer à ce rêve – ou plutôt cauchemar – de néoclassicisme kitsch ; le ministère des transports (DOT) vient en effet de créer le « Beautifying Transportation Infrastructure Council », chargé très précisément de veiller à la promotion de ce que son secretary Sean P. Duffy nomme un Golden Age of Transportation.En France, l’État soutient encore une architecture vivante et engagée dans les mutations contemporaines. Seules quelques municipalités comme celles du Plessis-Robinson, de Puteaux ou du Blanc-Mesnil ont commencé à rebâtir leurs villes dans un style haussmanno-vénitiano-normand dont on frémit à l’idée qu’il serait à l’image de notre « identité ». Le poignant témoignage de Stefan Zweig nous rappelle combien l’intelligentsia européenne n’avait pas pris au sérieux les délires hitlériens, comme si le ridicule pouvait par son ineptie même s’autocondamner à l’échec. Nul ne sait qui les élections présidentielles de 2027 porteront au pouvoir, mais nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.
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