Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience. Pour nous conformer à la nouvelle directive sur la vie privée, nous devons demander votre consentement à l’utilisation de ces cookies. En savoir plus.
Trier les crimes - Sociologie des hiérarchies judiciaires
EAN : 9782348090974
Paru le : 1 oct. 2026
-
Livraison gratuite
en France sans minimum
de commande -
Manquants maintenus
en commande
automatiquement -
Un interlocuteur
unique pour toutes
vos commandes -
Toutes les licences
numériques du marché
au tarif éditeur -
Assistance téléphonique
personalisée sur le
numérique -
Service client
Du Lundi au vendredi
de 9h à 18h
- EAN13 : 9782348090974
- Réf. fournisseur : 1070182
- Collection : LABO SCIE SOCIA
- Editeur : La Decouverte
- Date Parution : 1 oct. 2026
- Disponibilite : Pas encore paru
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 240
- Format : H:220 mm L:135 mm
- Poids : 0gr
-
Résumé :
Sous pression gestionnaire, la justice disqualifie de nombreux crimes – dont, emblématiquement, des viols – en simples délits. Quelles hiérarchies sous-tendent ce tri ? En dévoilant le " sens commun " de la gravité des actes et les catégorisations de classe, de genre, de race et de réputation des victimes et des accusés, cette enquête sociologique inédite révèle la manière dont se fabrique – ou se défait – le droit.
Pourquoi nombre de crimes, au regard de la loi, sont-ils jugés comme de simples délits ? Alors que la magistrature est théoriquement soumise au strict respect du code pénal, un usage discrétionnaire conduit en pratique les professionnels du droit à passer ordinairement sous silence des circonstances aggravantes pour requalifier, en amont des procès, des viols en agressions sexuelles, des tentatives d'homicide en violences volontaires et des vols à main armée en vols avec violence. Quelles sont les logiques qui les conduisent à faire illégalement disparaître la mention d'une pénétration, la présence d'une arme, une infirmité permanente ou encore l'existence d'une bande organisée ? Et pour quelles raisons les avocats des victimes ne s'opposent-ils pas systématiquement à une réécriture de leurs plaintes qui paraît en faveur des accusés ?
Ce tri, méconnu en dehors des tribunaux, porte le nom de " correctionnalisation ". S'il répond à des contraintes gestionnaires dictées par le manque de moyens et l'engorgement d'une administration pressée d'accélérer ses délais, celles-ci ne disent rien de la manière dont il est concrètement mis en œuvre et négocié au quotidien par les magistrats et les avocats, ni de ses effets. En dévoilant ses principes, ses apprentissages et ses automatismes, cet ouvrage montre que l'aiguillage procède d'une hiérarchisation morale, symbolique et sociale des actes, des accusés et des victimes qui, aux yeux de la justice, valent ou non la peine de mobiliser du temps, des dépenses, des investigations minutieuses et des instances prestigieuses.
Et, en identifiant les distinctions opérées entre le crime " ordinaire " et le crime " authentique ", le " grand " criminel et le " petit " délinquant, la " bonne " et la " mauvaise " victime, qui orienteront la masse des dossiers vers des procédures standardisées pour ne réserver les jugements solennels qu'aux affaires sacrées, il révèle les valeurs profondes de notre société, dont les tribunaux sont à la fois une caisse de résonance et un puissant vecteur de définition.







