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Rosana Paulino et Omar Victor Diop. Traverser le Silence
Ducs Bretagne - EAN : 9782488106016
Édition papier
EAN : 9782488106016
Paru le : 28 mai 2026
16,80 €
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- EAN13 : 9782488106016
- Réf. fournisseur : ED#4
- Collection : EXPRESSION(S) D
- Editeur : Ducs Bretagne
- Date Parution : 28 mai 2026
- Disponibilite : Pas encore paru
- Nombre de pages : 80
- Format : H:270 mm L:150 mm E:75 mm
- Poids : 300gr
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Résumé :
Traverser le Silence _ ED#4
« [...] Cet oubli sélectif n’a rien d’une innocente inculture : il est la condition même de ce que nous avons appris à considérer, implicitement tout du moins, comme la supériorité, innée ou acquise, de l’Europe sur le reste du monde [...] ce n’est plus de mépris, mais d’oubli de l’Autre dont il est question... »
Romain Bertrand, historien, directeur de recherche au Centre de recherches internationales-,
L’histoire à parts égales, Seuil, 2011.
L’histoire n’est jamais un simple dépôt de faits. Elle est une mise en récits, un agencement de regards, une architecture érigée par les vainqueurs où cohabitent voix, murmures, bruissements et silences. Ce que nous croyons savoir du passé dit souvent autant de nous-mêmes que de celles et ceux qui l’ont vécu. Les musées portent cette ambivalence.
« Expressions décoloniales » tente autant que possible de rouvrir et de développer les récits, « à parts égales », de cette histoire complexe et aux multiples strates de la traite atlantique et de la colonisation. L’œuvre magistrale de deux artistes internationaux que sont Rosana Paulino et Omar Victor Diop remplit cette mission d’une manière remarquablement puissante — leurs créations mises en regard l’une l’autre, et en contact avec les objets du musée, dessinent un espace ouvert qui nous interpelle, rempli de visages et de corps oubliés, parfois familiers, prenant la forme d’un océan mémoriel sur lequel nous sommes invités à naviguer. Explorer des questions liées à la condition, passée et présente, des femmes afrodescendantes dans la société brésilienne... Interroger ce que l’image a fait à l’histoire et ce que l’histoire continue de faire aux images, en refusant toute clôture et tout jugement... deux visions particulièrement incarnées du passé, aussi féminine que masculine, qui posent des jalons de vérité, de réparation et de justice.
Le Musée remercie chaleureusement Rosana Paulino et Omar Victor Diop d’avoir accepté cette invitation. -
Biographie :
ROSANA PAULINO
Originaire de São Paulo, au Brésil, où elle voit le jour en 1967, Rosana Paulino s’impose comme une artiste profondément engagée dans l’exploration des questions liées à la place, passée et présente, des femmes noires dans la société brésilienne. À travers elles, c’est plus largement la condition des femmes afrodescendantes au sein des sociétés post-coloniales et post-esclavagistes contemporaines qu’elle interroge. Son œuvre s’attache à dévoiler l’origine du regard porté sur leurs corps — ses usages, ses exploitations, ses assignations — dans des sociétés où la domination et la violence furent, et parfois demeurent, omniprésentes. En donnant voix et visibilité à celles qui furent le plus opprimées, objectivées, réduites au silence, Rosana Paulino leur restitue une place pleine et entière. Ses créations, qui explorent l’ensemble des médiums et techniques artistiques, ouvrent le territoire de la douleur de celles qu’elle nomme les « aïeules ». En réactivant leur mémoire, Rosana Paulino rappelle qu’elles furent celles par lesquelles la culture africaine parvint à survivre
à l’arrachement et à la déportation.
OMAR VICTOR DIOP
Photographe sénégalais né en 1980, Omar Victor Diop partage aujourd’hui sa vie et son travail entre Paris et Dakar, la ville qui l’a vu naître. Inspiré par les grands maîtres du portrait africain — le Sénégalais Mama Casset (1908-1992), les Maliens Seydou Keïta (1923-2001) et Malick Sidibé (1936-2016) —, il affirme très tôt l’originalité de son langage artistique. Dans ses compositions aux couleurs magnifiées et aux mises en scène ciselées, il choisit de faire de son visage le support essentiel de son œuvre : un visage multiple, par lequel il incarne, reconfigure, réinvente, parfois ressuscite ceux dont les traits furent effacés, oubliés ou écartés des récits officiels. Unique et pluriel, l’artiste se met ainsi au service de cet Autre dont, historiquement, culturellement, ou humainement, il se reconnaît l’héritier.
Omar Victor Diop parvient à nous toucher avec une rare finesse sur les enjeux de notre époque.
