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Muse et Madone. Visages de la femme de la Révolution française aux apparitions de Lourdes
EAN : 9782020087124
Paru le : 1 avr. 1985
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- EAN13 : 9782020087124
- Réf. fournisseur : SEL134203
- Editeur : Seuil
- Date Parution : 1 avr. 1985
- Disponibilite : Manque sans date
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 252
- Format : H:140 mm L:205 mm
- Poids : 401gr
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Résumé :
Croiser les trajectoires du rêve, de l'histoire politique et de la vie sociale au XIXe siècle, c'est découvrir une image obsédante : celle de la Femme Madone. Fantasmes individuels et fantasmes collectifs se rejoignent pour faire de la Mère - figure féminine par excellence - une idole, et le principe, la matrice même de toute religion. Mais le XIXe, siècle catholique s'il en fut, va fondre cette image initiale dans le culte grandissant de la Vierge Marie, dévoyant ainsi la figure de liberté qu'avait célébrée si bruyamment l'époque de la Révolution française. Qui plus est, la croisade qui va se développer avec tant de force en Europe en faveur de l'Immaculée gère un système social de plus en plus ancré dans l'idée même de servitude et de dépendance de classe : on glissera peu à peu vers une zone trouble où la figure féminine, devenue icône, éveille l'inceste.
La liberté se réfugie alors dans la fière rébellion des premières femmes socialistes et, plus encore, dans l'espace imaginaire des écrivains romantiques. Ratifiant notre condition d'errance et d'exil, posant le terme du désir comme éternellement fuyant dans son altérité, la poésie, féminin suprême, campe - de Novalis à Wagner - sur les terres brûlées de la métaphore. Ainsi, parallèlement au combat d'icônes auquel se livrent le politique et le religieux - le socialisme s'attachant chaque jour davantage aux traits qui individualisent la femme, tandis que l'Eglise catholique déploie la grande figure mythique de la Vierge -, la littérature européenne (de Goethe à Nietzsche, en passant par Jean Paul, Nerval ou Baudelaire) va produire quelques rêves somptueux et lourds dont il est souligné ici que nous, femmes et hommes du XXe siècle finissant, ne sommes pas si éloignés qu'on voudrait quelquefois le faire croire.
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Biographie :
Né à Paris en 1944.
Passeur de frontières, un pied de chaque côté du Rhin, Stéphane Michaud tient de l’enfance son amour pour l’Allemagne, sa double nature affective et littéraire. Depuis qu’au seuil de l’adolescence il y a passé une année, il hante familièrement le pays. Sa langue lui est constitutive, part son identité. Membre du collège européen d’Iéna (comme Alfred Grosser et Tadeusz Mazowiecki), professeur invité à l’université Humboldt de Berlin, il enseigne, écrit et publie en allemand. C’est toutefois à Paris, sa ville natale, qu’il réside pour l’essentiel. Professeur de littérature comparée à la Sorbonne, il collabore à La Quinzaine Littéraire, à Critique, à la revue Romantisme. Il a publié chez de nombreux éditeurs (Corti, Plon) et écrit pour le Seuil depuis le Seuil depuis 1980. Son domaine : les frontières, perméables ou imperméables (entre les sexes ou les pays), les méditations réussies ou entravées. Spécialiste de l’histoire des femmes, aux côtés de Michelle Perrot qui l’a appelé à participer à sa grande Histoire des femmes, interprète de Baudelaire, de Nietzsche et de Rilke, il ne pouvait manquer de rencontrer sur sa route Lou Andreas-Salomé, autre amphilie entre la France et l’Allemagne. Cette fois l’horizon ouvre sur des profondeurs renouvelées, la Russie, la poésie, la psychanalyse. Avec patience, il en a suivi les traces dans des archives jusqu’alors fermées, déchiffrant des textes que leur graphie gothique tenait souvent secrets. Il ramène de ces plongées une figure neuve, dont on comprend qu’elle ait retenu Malraux, Françoise Dolto et Marie Moscovici

