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Les Visions de la vie de cour dans la littérature française à la fin du Moyen Âge
EAN : 9782803200108
Paru le : 1 avr. 1994
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- EAN13 : 9782803200108
- Editeur : Klincksieck
- Date Parution : 1 avr. 1994
- Disponibilite : Provisoirement non disponible
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 574
- Format : H:245 mm L:165 mm E:1 mm
- Poids : 1.001kg
- Interdit de retour : Retour interdit
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Résumé :
Les conceptions relatives à la vie de cour traduites par les écrivains de France (en langue française et en langue latine) sous la dynastie des premiers Valois (1328-1498) constituent un thème littéraire d'une importance primordiale. Elles attestent deux attitudes — l'attitude procuriale et l'attitude anticuriale — et témoignent de deux mentalités. La mentalité médiévale, à travers laquelle se manifestent à la fois de l'attrait ou du mépris pour la vie de cour, révèle de la part des gens de lettres une croyance confiante au progrès moral de l'homme. À l'opposé, la mentalité humaniste verse dans un pessimisme assez constant qui dénie, au moins théoriquement, toute valeur à l'existence curiale et qui prône un comportement de repli sur soi fondé sur l'exaltation de la liberté individuelle et sur le culte du moi renforcé par la pratique des belles-lettres.
Jusqu'ici, les historiens des mentalités avaient négligé les aspects essentiels de la littérature médiévale favorable au destin des gens de cour. Aussi, une part importante de ce livre est réservée à l'étude des écrivains qui plaident la cause des milieux curiaux, en général des hommes de lettres professionnels, et qui exaltent les valeurs intellectuelles et esthétiques vécues par l'aristocratie ou qui fournissent des justifications morales à l'existence mondaine.
Séduite par les idéaux traditionnels de la chevalerie et de la courtoisie, la noblesse de cour va progressivement changer de statut : le vassal, lié au départ à son suzerain par un lien personnel, se mue bientôt en homme de cour. Puis, à la fin du XVe siècle, quand l'aristocratie sera dépouillée de ses prérogatives, apparaît le courtisan, ou membre (souvent roturier) de la suite du prince appelé à défendre par des moyens quelquefois peu avouables la faveur qu'il a conquise.
Au-delà des aspects moraux de la censure de cour, assez bien mis en lumière jusqu'ici, le présent ouvrage s'attache à considérer les perspectives sociales de cette critique. Si la personne royale est généralement épargnée par les blâmes des bourgeois ou du peuple, la noblesse et le clergé voient leurs comportements dénoncés avec une sourcilleuse sévérité.
Dans l'ensemble, les auteurs inspirés par la mentalité médiévale manifestent une conviction déterminée dans un possible amendement des esprits. A l'inverse, prenant appui sur le sentiment personnel de la satietas curiae, la critique humaniste de la vie en cour montre moins de confiance dans le perfectionnement moral des êtres et comprend un caractère individualiste affirmé. Inspiré par l'Italie, renforcé par des réactions nationalistes à l'oeuvre de Pétarque, ce mouvement intellectuel revêt souvent les atours d'un jeu littéraire :les plus virulents contempteurs de la vie curiale sont aussi des membres de chancellerie très fidèles à leur maître...
L'étude des visions de la vie de cour atteste la grande richesse de la pensée littéraire au XIVe et au XV siècle. Cette époque nourrit une grande fermentation intellectuelle et, à travers deux mentalités assez contradictoires, illustre l'éternelle grandeur de l'homme.