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Les origines de la pensée grecque
EAN : 9782130618973
Paru le : 2 mars 2013
- EAN13 : 9782130618973
- Réf. fournisseur : 320882
- Collection : QUADRIGE
- Editeur : PUF
- Date Parution : 2 mars 2013
- Disponibilite : Disponible
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 156
- Format : H:190 mm L:125 mm E:14 mm
- Poids : 163gr
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Résumé :
Le texte de référence sur la pensée de la Grèce antique, indispensable pour pouvoir appréhender la période hellénique, quel qu’en soit le domaine d’approche.
«L’ambition n’était pas de clore le débat par une étude exhaustive mais de le relancer […]. J’ai tenté de retracer les grandes lignes d’une évolution qui, de la royauté mycénienne à la cité démocratique, a marqué le déclin du mythe et l’avènement de savoirs rationnels.»
En quoi consiste le miracle grec ? Quelles sont les innovations ayant marqué ce que nous appelons la pensée grecque et pourquoi se sont-elles produites dans ce monde grec ? Le mérite de Jean-Pierre Vernant est de réaliser une synthèse personnelle et accessible sur un sujet controversé où s’affrontent de nombreux hellénistes. Publié en 1962 dans la collection « Mythes et religions », dirigée par Georges Dumézil, l’auteur a lui-même, à l’occasion d’une réédition parue vingt-cinq ans plus tard, réactualisé dans une longue préface certaines de ses interprétations.
- Biographie : Par Reynal Sorel Chercheur en psychologie historique dans le domaine de la Grèce ancienne, faisant sienne la formule de Marx selon laquelle l'histoire n'est qu'une transformation continue de la nature humaine, Jean-Pierre Vernant (1914-2007), intrigué par les aspects hétérogènes d'une société, a tenté de la comprendre sans en réduire les ensembles qui la constituent à un seul de ses aspects. C'est pourquoi la complexité de la civilisation grecque ancienne, indissociable de ses pratiques religieuses, s'est imposée comme domaine obligeant le chercheur à « penser ensemble » le religieux et le politique, l'anthropologie et l'histoire, la conduite morale et la vie quotidienne ; en bref, de demander à la Raison elle-même raison de ce qu'elle est. La réponse est qu'il n'y a pas de « miracle grec », mais que la rationalité est « fille de la cité ». Très tôt politiquement engagé (militant antifasciste, membre du PCF de 1932 à 1970, colonel commandant des FFI dans le Sud-Ouest durant la Seconde Guerre mondiale), J.-P. Vernant, agrégé de philosophie en 1937, entre au CNRS en 1948. Secrétaire de rédaction du Journal de psychologie normale et pathologique, il est enseignant universitaire en 1958 à l'EPHE à côté du philologue, sociologue et helléniste Louis Gernet et du psychologue Ignace Meyerson, qui auront tous deux une grande influence sur ses futurs travaux. D'Ignace Meyerson (1888-1983), Vernant retient le principe de la « psychologie historique » qui consiste à substituer à l'homme général et intemporel l'humain ancré dans une culture et une époque ; de Louis Gernet (1882-1960), qui appliquait à la Grèce antique la méthode sociologique, il poursuit l'étude du passage de la mentalité religieuse à la mentalité rationnelle. Titulaire de la chaire Etude comparée des religions antiques au Collège de France depuis 1974, puis professeur honoraire à partir de 1984, date à laquelle il reçoit la Médaille d'or du CNRS, Vernant a fondé en 1964 le Centre Louis Gernet de recherches comparées sur les sociétés anciennes. En 1962, J.-P. Vernant publie aux PUF, dans la collection dirigée par Georges Dumézil, un ouvrage dédié à Louis Gernet, Les origines de la pensée grecque. Il s'agit de dresser l'acte d'état civil de la pensée rationnelle en Grèce. Fondamentalement politique, la rationalité serait indissociable de l'avènement de la Cité, qui permet le débat public argumenté et librement contradictoire. Il faut donc parler d'une « mutation décisive », provoquée par l'instauration du régime de la polis, et non d'un prétendu « miracle grec ». Suivent des études qui feront date sur le fonctionnement mental collectif, méthodologiquement articulées sur la psychologie historique de Meyerson : Mythe et pensée chez les grecs (Maspero, 1965), Mythe et tragédie en Grèce ancienne (avec Pierre Vidal-Naquet, Maspero, 1972 et 1986) et Mythe et société en Grèce ancienne (1974), recueils que Vernant qualifiera de « triple conjonction du mythe avec ce qui n'est pas lui », manière subtile d'augurer ce que sera sa démarche entamée au milieu des années 1980 sur l'altérité. Pour l'heure, la mémoire, le temps, l'espace, le travail, l'image, la lutte des classes, le mariage, la guerre, l'esclavage, le mythe - toujours le mythe -, sont autant de catégories de pensée étudiées selon leur mutation au gré des transformations de la cité. Les ruses de l'intelligence. La mètis des grecs (avec Marcel Detienne, Flammarion, 1974), Religions, histoires, raisons (Maspero, 1979), au pluriel revendiqué, ou La cuisine du sacrifice en pays grec, collectif dirigé avec M. Detienne (Gallimard, 1979), approfondissent l'investigation d'un domaine dans lequel la mort semble particulièrement retenir l'attention. C'est d’ailleurs l'altérité, autant comprise comme question de l'Autre et de ses métamorphoses que comme interrogation sur la mort, qui constitue le noyau des dernières enquêtes (au sens grec) de Vernant : La mort dans les yeux. Figures de l'Autre en Grèce ancienne (Hachette, 1985) et L'individu, la mort, l'amour. Soi-même et l'autre en Grèce ancienne (Gallimard, 1989). Athée passionnément intrigué par la religion comme catégorie psychologique, J.-P. Vernant, qui n'a jamais refusé de dialoguer avec les croyants, s'est penché sur une culture païenne qui n'avait précisément pas de mot pour signifier « religion », mais des expressions pour exprimer une pratique qu'elle considérait civique.