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Le corps vitré
EAN : 9782490704194
Édition papier
EAN : 9782490704194
Paru le : 6 juil. 2026
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- EAN13 : 9782490704194
- Date Parution : 6 juil. 2026
- Disponibilite : Pas encore paru
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 9
- Format : H:98 mm L:260 mm
- Poids : 0gr
- Résumé : Le corps vitré, dont le titre renvoie à la substance transparente gélatineuse qui remplit la cavité oculaire et permet la perception lumineuse, est un projet qui s’inscrit dans le prolongement de la pratique photographique de Lara Tabet, médecin biologiste et artiste transdisciplinaire. Suivant le parcours d’une cartographie personnelle des eaux traversées, Lara Tabet collecte des échantillons d’eau dans des zones portuaires, des estuaires, des bassins artificialisés ou encore des littoraux industrialisés, pour établir un protocole expérimental de bactériographie où des micro-organismes aquatiques interagissent avec des surfaces photosensibles. Incubés sur la gélatine d’un film couleur, bactéries et microbes en altèrent la chimie par corrosion et érosion. Les formes qui émergent ne représentent pas un paysage : elles en émanent. Images corollaires, elles rendent visible une activité microbiologique tout en faisant affleurer les toxicités environnementales, industrielles ou politiques qui traversent les territoires. Ici, les images-écosystèmes sont traduites en vitraux contemporains. Le passage du film au verre opère une transformation matérielle et symbolique : du vivant au minéral, de l’empreinte fragile à l’inscription durable. Ce déplacement inscrit l’image dans une temporalité longue, quasi géologique, où se rencontrent processus organiques, médiation numérique et matière solide. Historiquement associé à la lumière et au récit, le vitrail devient ici surface critique. Il filtre et diffracte non plus une scène sacrée, mais une stratification de circulations et d’interdépendances écologiques. À l’occasion du bicentenaire de la photographie, Le corps vitré célèbre la nature hybride du médium, dès son origine, et rappelle que l’image est affaire de chimie, d’altération et d’agentivité. La bactériographie devient un outil de narration environnementale – une manière de regarder à travers, et avec, le vivant. — Yasmine Chemali