le cœur arraisonné

EAN : 9782488960243
MIGAUD JEAN-FRANCOIS
Édition papier

EAN : 9782488960243

Paru le : 25 mai 2026

20,00 € 18,96 €
Disponible
Pour connaître votre prix et commander, identifiez-vous
Notre engagement qualité
  • Benefits Livraison gratuite
    en France sans minimum
    de commande
  • Benefits Manquants maintenus
    en commande
    automatiquement
  • Benefits Un interlocuteur
    unique pour toutes
    vos commandes
  • Benefits Toutes les licences
    numériques du marché
    au tarif éditeur
  • Benefits Assistance téléphonique
    personalisée sur le
    numérique
  • Benefits Service client
    Du Lundi au vendredi
    de 9h à 18h
  • EAN13 : 9782488960243
  • Réf. fournisseur : SDT013
  • Date Parution : 25 mai 2026
  • Disponibilite : Disponible
  • Barème de remise : NS
  • Nombre de pages : 92
  • Format : H:145 mm L:205 mm E:7 mm
  • Poids : 250gr
  • Interdit de retour : Retour interdit
  • Résumé : Le cœur arraisonné s’articule autour de quelques thèmes facilement identifiables : la neige, que je qualifie de cinquième élément ; les oiseaux, une séquence de onze poèmes est consacrée à ces deux citoyens du monde que sont le coq et le coucou ; la Rose, déjà évoquée, le fameux « sans pourquoi » appliqué à la fleur, à toute fleur s’ouvrant dans la vérité de sa nature, à la fois immuable et contingente, écrin toujours menacé de la Beauté. Rendant hommage à Silesius, je rends hommage à un compagnon de voyage, à travers des paysages qui sont autant de ports d’attache pour la méditation ou bien encore d’alphabets éparpillés dont la poésie essaie de rassembler les lettres, pratiquant à sa mesure la « lecture du monde ». Venu se reposer dans son château près d’Angoulême, Jean-Louis Guez de Balzac, le grand Épistolier, trouve en Charente, dans la sobre beauté et la sérénité du paysage quelques « grains d’or » du premier âge, quand l’histoire n’avait pas encore de nom et que le temps cherchait le sien, rappelle que le monde n’est pas totalement corrompu et garde le souvenir d’un bonheur intemporel. Ici quelques poèmes qui sollicitent le cœur et sa lumière intemporelle.
  • Biographie : J’ai vu le jour, il y aura bientôt quatre-vingt-cinq ans, à Pleuville dans le Confolentais : Pleuville (Plleuviye de son nom local) est la commune la plus septentrionale de la Charente, enfoncée dans la Vienne qui la borde par trois côtés et la met en contact avec les dialectes d’oïl et d’oc. C’est la zone linguistique qu’on appelle « Le Croissant ». Les dialectes marchois empruntent à la fois à l’oil et à l’oc qu’ils marient chacun à sa façon et selon que les bruits leur tombent dans l’oreille. C’est le cas de Pleuville et je fais partie de la dernière génération qui a appris le français à l’école communale – avec des instituteurs, je leur rends hommage, qui n’ont jamais empêché les écoliers de revenir au patois dans la cour de l’école. Il aurait fallu faire un pas de plus et associer pour un profit réciproque la langue régionale, le patois « langue des oiseaux » à l’apprentissage du français. J’ai eu la chance de connaître un monde « d’avant » la mécanisation de l’agri-culture, un monde ancien où le rythme des travaux et des jours était commandé par la nature, le pas des bœufs de labour et le cycle liturgique. Après cette heureuse enfance paysanne dans un canton du monde où le bocage encore intact garantissait une liberté que rien ne semblait menacer, où le pas des humains s’accordait avec celui des animaux, je suis entré à la fin des années 40 au collège classique Émile Rôux de Confolens (la cour surplombait la Vienne), puis à l’Université de Poitiers, plus tard de Göttingen en Basse-Saxe, ayant fait le choix d’études germaniques qui deviendront matière de mon enseignement universitaire. J’ai pratiqué la poésie de bonne heure, à la demande d’une institutrice, pour qui j’avais recopié, laborieusement, une trentaine, peut-être davantage, de poèmes ; à l’occasion d’un déménagement le cahier s’est perdu comme se sont perdus les textes que je n’avais pas pris soin de rassembler ; à onze ans on a d’autres soucis... Il me reste en mémoire quelques vers du premier poème consacré à la Rose, qui n’était pas encore celle d’Angelus Silesius… La ferme familiale était en partie traversée par la « Ligne de démarcation » qui partageait la France en deux. Le bocage très dense avec son labyrinthe de chemins creux et de haies plantées de chênes, a permis à mes parents de faire « passer », au péril de leur vie, nombre de personnes cherchant à gagner la « zone libre ». Il m’a permis – hors toute appréciation politique ! – d’entendre très tôt une langue étrangère gardée dans l’oreille jusqu’au moment d’en faire choix au collège de Confolens – sans doute aussi d’attiser mon goût pour les langues. La poésie se nourrit de cette curiosité, avec le jeu, chez certains adolescents, d’inventer des alphabets pour écrire une langue imaginaire, dans l’idée encore confuse de délimiter et sauvegarder un « lieu » de liberté intérieure, susceptible de disparaitre sans laisser de trace, ou, au contraire, de se transformera en une en¬clave magique pourvoyeuse d’images. Bien trop jeune alors pour juger de la situation, je garde un bon souvenir des soldats allemands qui venaient en patrouille au village, me prenaient dans leurs bras et me donnaient des friandises au goût pour moi tout à fait exotique ! Sans doute rappelè-je à certains d’entre eux l’enfant blond et frisé qu’ils avaient laissé outre-Rhin... De ce monde disparu, j’aimerais mentionner, parmi bien d’autres, ce trait, concernant la présence animale et le lien sacré qu’elle entretenait avec le monde humain. En 1936, à la mort prématurée de mon grand-père paternel, son fils, mon arrière-grand-mère que j’ai bien connue, est encore allée faire part aux abeilles du décès du maitre de maison et a noué un ruban noir autour d’une ruche. Cette relation privilégiée avec le monde animal, l’attention et le respect qu’elle suppose est un aspect majeur de la poésie telle que je l’entends; elle suppose la lisibilité du monde qu’un poète comme Alain de Lille au XII° siècle exprime sans détour en ces quelques vers cités de mémoire : Omnis mundi creatura/ sicut liber et figura/ nobis est et speculum. La vie professionnelle m’a mis au service de la langue allemande. Les programmes annuels de littérature – du DEUG aux concours, m’ont permis d’approfondir, de faire connaître et, je l’espère, aimer les grands auteurs, poètes, philosophes, romanciers, ceux que René Char nomme admirablement « Les alliés substantiels », les toujours contemporains, ceux qui arriment et, parfois « arraisonnent » l’intelligence du cœur. Parmi tous ceux que je ne nomme pas, Angelus Silesius (1624-1677), Johannes Scheffler de son nom profane, natif de Silésie, à la fois prêtre, médecin et poète, occupe une place particulière. Les cinq poèmes de la brève séquence « Rose ou poésie » sont remplis de sa présence et son nom est mentionné en note. Le dernier article que j’ai consacré à la littérature allemande, en 2006, porte sur lui, sur son humanité, l’universalisme de sa pensée et de son expérience spirituelle dans la tradition de la mystique rhénane... et silésienne au sens géographique du terme. Le travail poétique proprement dit, bien que toujours effectif fut quelque peu relégué au profit des tâches habituelles de l’enseignement universitaire : cours, recherches, publications et conférences portant sur le domaine allemand, français et poitevin : cours de langue régionale aux Écoles normales de La Rochelle, Niort et Poitiers. Collaboration au Glossaire des parlers populaires de Poitou, Aunis, Saintonge, Angoumois, en trois volumes avec supplément. Au cours de ces années, la langue régionale a, non pas acquis, mais affermi son statut de langue écrite. J’ai régulièrement collaboré à la revue AGUIAINE et son supplément patoisant Le Subiet : le français a tout à gagner de la connaissance pratique d’une langue régionale. À la retraite, je suis passé du service de l’allemand à celui du français auquel il manque quelque chose : la connaissance de la langue gauloise. Nous payons ici la rigueur doctrinale des druides... Peut-être tout espoir n’est-il pas perdu de trouver un jour la clef du festin linguistique.
Haut de page
Copyright 2026 Cufay. Tous droits réservés.