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A UN DINER D'ATHÉES
EAN : 9791041813643
Édition papier
EAN : 9791041813643
Paru le : 5 juil. 2023
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- EAN13 : 9791041813643
- Réf. fournisseur : 292959
- Date Parution : 5 juil. 2023
- Disponibilite : Disponible
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 54
- Format : H:220 mm L:170 mm E:3 mm
- Poids : 102gr
- Résumé : Le jour tombait depuis quelques instants dans les rues de la ville de ***. Mais, dans l'église de cette petite et expressive ville de l'Ouest, la nuit était tout à fait venue. La nuit avance presque toujours dans les églises. Elle y descend plus vite que partout ailleurs, soit à cause des reflets sombres des vitraux, quand il y a des vitraux, soit à cause de l'entrecroisement des piliers, si souvent comparés aux arbres des forêts, et aux ombres portées par les voûtes. Cette nuit des églises, qui devance un peu la mort définitive du jour au-dehors, n'en fait guère nulle part fermer les portes. Généralement, elles restent ouvertes, l'Angelus sonné, - et même quelquefois très tard, la veille des grandes fêtes par exemple, dans les villes dévotes, où l'on se confesse en grand nombre pour les communions du lendemain. Jamais, à aucune heure de la journée, les églises de province ne sont plus hantées par ceux qui les fréquentent qu'à cette heure vespérale où les travaux cessent, où la lumière agonise, et où l'âme chrétienne se prépare à la nuit, - à la nuit qui ressemble à la mort et pendant laquelle la mort peut venir. A cette heure-là, on sent vraiment très bien que la religion chrétienne est la fille des catacombes et qu'elle a toujours quelque chose en elle des mélancolies de son berceau. C'est à ce moment, en effet, que ceux qui croient encore à la prière aiment à venir s'agenouiller et s'accouder, le front dans leurs mains, en ces nuits mystérieuses des nefs vides, qui répondent certainement au plus profond besoin de l'âme humaine, car si pour nous autres mondains et passionnés, le tête-à-tête en cachette avec la femme aimée nous paraît plus intime et plus troublant dors les ténèbres, pourquoi n'en serait-il pas de même pour les âmes religieuses avec Dieu, quand il fait noir devant ses tabernacles, et qu'elles lui parlent, de bouche à oreille, dans l'obscurité?
- Biographie : Jules Barbey d'Aurevilly est né en 1808, à Saint-Sauveur-le-Vicomte (Manche). Son arrière-grand-père a été anobli sous Louis XV. Durant ses études à Valognes, il habite chez son oncle, esprit libéral qui l'émancipe des idées de sa famille. Après le collège Stanislas à Paris, il fait son droit à Caen. Il y rencontre Trébutien, avec qui il échangera une importante correspondance. En 1833, sa thèse soutenue, il regagne Paris. Il s'affiche dans les salons en dandy. Pour survivre, il collabore aux journaux. En 1840, Mme de Maistre lui ouvre son salon, repère des légitimistes. Il y oublie ses idées libérales et renoue avec les idées traditionnalistes de sa famille. Il y rencontre aussi en 1851 la baronne de Bouglon, veuve mère de deux enfants, avec qui il ne se mariera jamais. En 1852, il s'affiche comme partisan de Napoléon III et écrit dans Le Pays, journal bonapartiste. Il publie Une vieille maîtresse (1851) et L'Ensorcelée (1854). En 1856, il retrouve le Cotentin après 20 ans d'absence. Il publie Le Chevalier des Touches (1864) et Un prêtre marié (1865). Son père meurt en 1868 : tous les biens de la famille sont vendus pour payer les dettes. De retour à Paris, il écrit comme critique littéraire au Constitutionnel. En 1874 paraissent Les Diaboliques, avec un début de succès, mais le livre est aussitôt interdit. Il s'incline. Il devient le « Connétable des lettres » à qui on vient demander conseil. En 1882, Une histoire sans nom connaît un certain succès, mais il continue de vivre chichement dans une simple chambre louée rue Rousselet à Paris. Il meurt en 1889 assisté de sa bonne amie Louise Read.









