LA PEINTURE DE MASSE - ART ET SOCIETE DE CONSOMMATION

Atelier Cont - EAN : 9782850352201
CAROBOLANTE J-B.
Édition papier

EAN : 9782850352201

Paru le : 17 avr. 2026

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A paraître 17 avr. 2026
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  • EAN13 : 9782850352201
  • Editeur : Atelier Cont
  • Date Parution : 17 avr. 2026
  • Disponibilite : Pas encore paru
  • Barème de remise : NS
  • Nombre de pages : 400
  • Format : 0.10 x 17.00 x 22.00 cm
  • Poids : 0gr
  • Résumé : C’est à une « histoire marginale de l’art » que veut contribuer Jean-Baptiste Carobolante. Son ouvrage « La peinture de masse », à travers un tour d’horizon de ces œuvres vendues quelques fois à des millions d’exemplaires signées Giovanni Bragolin, John Henry Lynch ou Thomas Kinkade, vise à éclairer l’intrication d’enjeux économiques, sociaux, esthétiques et affectifs qui déterminent cette production picturale commercialisée dans les supermarchés, les magasins de décorations ou encore les échoppes touristiques. Dans la mesure où le phénomène de la peinture de masse déborde les institutions traditionnelles de l’art, se situant plutôt du côté de ce que Hervé di Rosa nomme « les arts modestes », l’historien de l’art qu’est Jean-Baptiste Carobolante se tourne en outre vers l’histoire sociale, économique et culturelle de notre modernité capitaliste. Cette ouverture disciplinaire lui permet de sortir de l’impasse où se trouve une certaine pensée élitiste ne pouvant se faire à « l’idée d’une reproduction effrénée de ce qui, auparavant, était unique », selon une formule empruntée à Emmanuel Pernoud. De fait, elle lui permet d’appréhender la dimension économique de cette peinture, reflétant la violence des lois du marché, en même temps que la dimension affective légitime dont elle peut être investie : « la peinture reproduite », écrit-il, « est à la fois porteuse du calcul économique qui l’a pensé, mais également du choix de la consommatrice et du consommateur qui, parmi la pléthore d’images qui s’offrent à eux, se l’approprient ». Cette ambivalence est centrale dans l’histoire de la peinture de masse que retrace Jean-Baptiste Carobolante. Que ce soit en se penchant sur « l’incarnation romantique et divine de l’artiste » mise en scène par le peintre à succès Vladimir Tretchikoff ou sur les collaborations avec les studios Walt Disney du peintre réactionnaire Thomas Kinkade, il met en lumière toute la complexité du destin de leurs œuvres. Diffusées à une très vaste échelle, la signification et l’usage des peintures de masse finissent par échapper à leurs créateurs et promoteurs, de sorte qu’« elles vivent de manière souterraine, fonctionnant par récupération et détournement de la culture majoritaire, trahissant toute idée de consensus. » Pour cerner cette production picturale malgré sa dissémination, le panorama que propose Jean-Baptiste Carobolante procède en six étapes, consacrées aux principales variantes de la peinture de masse : la peinture familiale, qui conforte une certaine perception de la vie domestique ; les représentations féminines, qui traduisent les conceptions en vigueur de la féminité et de la virilité ; la peinture touristique et exotique, qui en fantasmant l’ailleurs révèle quelque chose de la situation occidentale ; la peinture traditionnelle stéréotypée, qui manifeste un classicisme de synthèse comme élément d’identification artistique et national ; la peinture fantastique, qui reprend les codes du surréalisme en les adaptant à l’imaginaire consumériste ; et enfin l’art red-chip, qui célèbre le nouveau capitalisme d’enrichissement. « La peinture de masse » expose toutes les dimensions et les contradictions du phénomène qu’elle cherche à mieux comprendre, sans céder à la tentation de la simplification. Elle est une investigation rigoureuse, héritière tant des études culturelles fondées par Richard Hoggart et œuvrant à réhabiliter la culture populaire que de la critique de l’industrie culturelle de masse menée par Theodor Adorno et Max Horkeimer : elle ne nie pas la « densification joyeuse » de la vie que peuvent procurer ces peintures à celles et ceux qui les chérissent, tout en mettant en lumière la façon dont les classes au pouvoir, décidant de ce qui circule massivement dans la sphère culturelle, cherchent bien souvent « à cloisonner l’imaginaire des classes subalternes afin de les conduire vers ses propres intérêts ».
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