HISTOIRE DU NOM DE LA NOYEE

Atelier Cont - EAN : 9782850352041
GUYON FRANCK
Édition papier

EAN : 9782850352041

Paru le : 22 mai 2026

20,00 € 18,96 €
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A paraître 22 mai 2026
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  • EAN13 : 9782850352041
  • Editeur : Atelier Cont
  • Date Parution : 22 mai 2026
  • Disponibilite : Pas encore paru
  • Barème de remise : NS
  • Format : 0.10 x 14.00 x 22.00 cm
  • Poids : 0gr
  • Résumé : Ruine de roman ? Récit métaphysique ? Aventure du langage ? Cette « histoire » qui tourne tantôt prosaïquement, tantôt abstraitement autour d’une lacune – le nom introuvable d’une morte non identifiée – échappe en toute logique aux classifications. Elle appelle le lecteur à se désancrer de tout repère pour suivre son mouvement de vortex. Au large d’une petite localité côtière, fortuite à force d’être banale, on repêche une noyée anonyme et vouée à le rester. C’est l’irruption de l’innommable dans le connu et le nommé d’avance, l’entrée en communication de « l’autre côté des choses » et de ce côté-ci, la jonction dangereuse de « l’autre rive » et de la nôtre. Rien de spectaculaire, pourtant, dans cet événement de nature apocalyptique. Il a lieu l’air de rien, sous la conduite tranquille d’une voix qu’on hésite à nommer seulement narrateur. Et si tant est qu’ils entendent parler, les personnages fragmentaires que sont « David Hoguemart », « Thérèse Miocque » ou « Edmonde Halliccannesse » n’en voient nullement leur improbable existence bouleversée. Sous leurs pieds s’ouvre, ou plutôt se manifeste, le vide de l’indéterminé, mais ils poursuivent leur humble vie jusqu’à la mort qui les y reverse. Le décor de leur petit quartier repose sur le néant, mais se maintient avec une vaillance tranquille. Tout et tous survivront à cette découverte indifférente d’une morte et de la mort – en tout cas pour un certain temps. Le livre de Franck Guyon évoque une sculpture de papier qui n’aurait d’autre but que de révéler négativement le vide qu’elle renferme. Les descriptions aimables de la bourgade quelconque qui lui sert de théâtre et le récit de la vie minuscule de quelques-uns de ses habitants alternent avec l’histoire proprement dite du « nom de la noyée » – histoire impossible, ruinée d’avance, car cette noyée n’a pas et ne trouvera jamais de nom. C’est comme s’il s’agissait d’entremêler la matière la plus commune, celle dont se compose une certaine tradition du roman, et une antimatière qui échappe au récit par définition. Dans cet alliage du banal et du vertigineux, le livre semble voir la texture même de la vie. Et cependant, « Histoire du nom de la noyée qu’on avait repêchée devant la pointe de l’Aquilon », avec son titre débordant, n’est pas un livre grave, peut-être même pas un livre sérieux. Il y a de l’humour, de la familiarité et même une certaine facétie dans le mouvement de cette écriture, qui procède par des phrases littéralement « à rallonge », des incantations, des insistances, des listes, une accumulation tournoyante de matière verbale où alternent création poétique et joyeux recours au poncif, comme s’il s’agissait de faire sentir l’aléatoire des choses à force de les épaissir. C’est une sorte de sermon sur la vanité des choses qui aurait la sagesse supplémentaire de renoncer à l’explicite, au didactisme et aux effets sublimes. Un coup d’œil souriant, ou en tout cas serein, dans la bouche d’ombre.
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