Nietzsche quitta l’Allemagne en 1886, vivant entre Nice, Sils Maria et Turin, en quête d’un climat favorable à sa santé fragile. Exilé, il rejette son pays, sa langue, sa religion et même sa cuisine. Ayant renié Dieu, il rêve d’un monde nouveau fondé sur une esthétique inédite. Mais pour lui, l’esthétique n’est ni l’architecture ni la peinture, c’est avant tout la musique. Il se considère musicien d’abord, philosophe ensuite, et veut, par la musique, renverser son époque et la civilisation judéo-chrétienne. Cette musique salvatrice ne sera ni celle de Bach, Beethoven, ni celle de Wagner, qu’il méprise désormais, mais une musique méditerranéenne inspirée des chœurs antiques dionysiaques, aujourd’hui disparus. Utopie extravagante, à laquelle Nietzsche se perd, liée tragiquement à son destin.
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