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Le site de l'étranger
EAN : 9782130574231
Paru le : 8 mai 2009
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- EAN13 : 9782130574231
- Réf. éditeur : 246278
- Collection : QUADRIGE
- Editeur : PUF
- Date Parution : 8 mai 2009
- Disponibilite : Disponible
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 320
- Format : H:191 mm L:125 mm E:17 mm
- Poids : 308gr
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Résumé :
Dans cet essai, Pierre Fédida étudie la position singulière de l’analyste face à son patient, qui est de « devenir l’étranger ».
« J’étais pour toi transparente comme l’air et tu étais aussi imposant qu’un archéoptéryx, oui, je crois que c’est le nom de ces mystérieux oiseaux fossiles d’avant le déluge. » C’est en ces termes que, dans la « cure d’amour » entreprise avec Norbert Hanold, Zoé-Gradiva se désigne étrangère de là où elle voit la monstruosité fossile du symptôme. Le lieu étranger — toujours en mouvement — réalise l’apparence. L’air, la transparence, le fossile : tel pourrait être le titre de ce livre. L’hallucination négative en est le centre, comme on le dirait de l’origine d’une parole dans sa régression transférentielle. La situation analytique est là toute entière — soit jamais une fois pour toute installée, toujours asymptotique. L’étranger est certainement l’analyste présent en personne mais c’est l’absence et sa non-personne qui forment l’étrange étranger de l’interlocuteur. Le site de l’étranger ne saurait être occupé — sauf imposture du rôle — par l’analyste en personne !
Mais la psychanalyse aurait-elle disparu à l’insu des psychanalystes trop prompts à revendiquer de multiples façons le statut d’une place qui les identifie ? On serait parfois tenté de le croire lorsqu’on voit le discours psychanalytique gagné par l’idéologie pragmatiste de l’inter-action et de la fameuse relation inter-personnelle. Tout les « concepts » peuvent ainsi chavirer et le nominalisme d’un vocabulaire commun entretient le concensus qui, par définition, est un leurre. L’idéologique de la théorie disqualifie ainsi le pouvoir du mythe fondateur. L’événement du meurtre du père est cet événement du premier poète-héros : il est par excellence celui de l’epos du langage qui seul conserve la trace d’un meurtre qui a eu lieu et reste toujours à accomplir. Le site de l’étranger, c’est l’étrangèreté de l’inconscient dans le langage, c’est la mémoire généalogique du transfert et de son rêve de sépulture, c’est l’ancêtre absent qui a figure de père dans son essence d’abscence. - Biographie : Cet article provient du Dictionnaire des philosophes, sous la dir. de Denis Huisman, 2e édition revue et augmentée, Paris, PUF, 1993.Mise à jour prévue. FEDIDA Pierre, 1934-2002 Psychologue français, né à Lyon. Il fait simultanément des études de philosophie et de psychologie. Agrégé de philosophie en 1962, il est nommé assistant de psychologie à la Faculté des Lettres de Lyon où il enseigne jusqu’en 1967. À cette date, il prend les fonctions de maître-assistant à la Sorbonne (chaire de Mme Favez-Boutonier). À la suite des événements de 1968, il collabore à la création de l’uer Sciences humaines cliniques de l’Université Paris VII où il enseigne depuis. Pierre Fedida est directeur de recherches et professeur titulaire (1979). Formé à la pensée phénoménologique et existentielle, ses premiers travaux sur L’expérience du corps dans la schizophrénie (1958) portent la marque de la fréquentation de Ludwig Binswanger et aussi de ses lectures de Husserl, de Heidegger ainsi que de la psychiatrie de langue allemande. Mais l’engagement d’une pratique psychothérapique auprès de psychotiques (Sanatorium Bellevue, Kreuzlingen) et, ensuite, de jeunes enfants (Centre psycho-pédagogique Claude-Bernard Paris) témoigne de son orientation progressive dans le sens de la psychanalyse freudienne. Pierre Fedida est membre titulaire de l’International psycho-analytical Association et membre titulaire de l’Association psychanalytique de France. Trois orientations majeures dominent son œuvre. La première concerne les questions techniques relatives au corps dans la psychanalyse. Au travers de la clinique des psychoses, des états limites et des affections somatiques, Pierre Fedida cherche à renouveler, de par cette confrontation de la technique psychanalytique aux “ limites ”, l’approche des troubles somatiques. Critique à l’égard des écoles de psychosomatique, il définit une psychopathologie somatique dont la préoccupation est de faire se communiquer psychanalyse et médecine. Cette orientation en appelle complémentairement une autre qui se réfléchit en une problématique du temps et du langage telle qu’elle vient à se découvrir par la cure psychanalytique. Des élaborations métapsychologiques sur l’absence et l’absent conduisent Pierre Fedida à redéfinir l’activité théorique dans la psychanalyse et sa spécificité. Enfin l’attention se trouve sollicitée par la nécessité d’une métapsychologie du transfert et du “ contre-transfert ” sur la base référentielle de la métapsychologie du rêve et du sommeil. L’importance accordée par Pierre Fedida à l’hypocondrie, à la mélancolie et à la dépression se comprend sous ce jour. Pierre Fedida est à l’origine de divers congrès et colloques dont les plus importants sont ceux qui ont porté sur Filiations et généalogies dans les psychoses et en psychosomatique (1979, en collaboration avec J. Guyotat) et sur Génétique clinique et psychopathologie (1981, en collaboration avec J. Guyotat et J.-M. Robert). l Le concept et la violence, Paris, 1977, “ 10/18 ” ; Corps du vide et espace de séance, Éd. J.-P. Delarge, 1977, coll. “ Corps et Culture ” ; L’absence, Gallimard, 1978 ; Communication et représentation (éd.), puf, 1986 ; Crise et contre-transfert, puf, 1992. Lucette Colin



















