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LUCIEN LEGRAS, PHOTOGRAPHE INCONNU
EAN : 9782020193573
Paru le : 13 oct. 1993
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- EAN13 : 9782020193573
- Réf. éditeur : SEL185100
- Collection : BEAUX LIVRES
- Editeur : Seuil
- Date Parution : 13 oct. 1993
- Disponibilite : Manque sans date
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 120
- Format : 0.10 x 0.10 x 0.10 cm
- Poids : 1.001kg
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Résumé :
Lucien Legras était photographe.
Il est mort avec ma mère Ginette à l’âge de trente ans, par asphyxie accidentelle due aux émanations d’un chauffe-bain. J’avais neuf ans et ma sœur cinq mois à peine.
Les négatifs de ses photos sont restés dans l’ombre pendant tout ce temps, comme enterrés eux aussi, recouverts d’une chape de silence, leur existence niée par le regret, la douleur, l’impossibilité de faire le deuil sur ces morts tragiques.
Mais mon père était un homme soigneux, extrêmement. Les négatifs étaient glissés dans des enveloppes de papier cristal serrées dans de petits classeurs, eux-mêmes protégés encore d’un couvercle de carton rigide, les plaques de verre dans des boîtes en bois hermétiques, construites par lui-même. Après trente-cinq ans, quand on a déballé, déshabillé de ses enveloppes, de ses peaux de papier cette œuvre momifiée, il n’y avait pas un grain de poussière, pas une rayure. Comme s’il avait pressenti ce long voyage dans le temps, pris toutes ses précautions pour attendre que nous ayons le courage de découvrir ses images, son regard intact.
Restait donc à faire un livre. Son livre. Nous l’avons conçu ensemble, ma sœur et moi.
Sans doute manque-t-il beaucoup de ses photo, il ne les aurait peut-être pas juxtaposées dans cet ordre, mais nous avons tenté de respecter son esprit, son style – disparité des thèmes, non-respect de la chronologie. Les quelques clichés témoins que nous possédons de ses expositions nous montrent qu’il aimait marier l’hiver avec l’été, les croix sous la neige avec le frémissement d’un feuillage, les yeux tragiques d’un aveugle avec un jouet d’enfant dans le sable voluptueux des vacances et du bonheur.
Puisse ce livre faire revivre un temps son regard, qu’il trouve une existence, un écho dans la sensibilité des vivants, trente-huit ans après sa disparation.
Anny Duperey



















