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LOUVE BASSE
EAN : 9782020043311
Paru le : 1 févr. 1976
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- EAN13 : 9782020043311
- Réf. éditeur : SEL133659
- Collection : FICTION ET CIE
- Editeur : Seuil
- Date Parution : 1 févr. 1976
- Disponibilite : Manque sans date
- Barème de remise : NS
- Nombre de pages : 240
- Format : 0.10 x 0.10 x 0.10 cm
- Poids : 401gr
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Résumé :
J’ai commencé d’écrire Louve basse fin 72, quelques mois après un premier texte en prose, Artaud refait, tous refaits !, en grande partie fabriqué au magnétophone – et le seul à se retrouver ici non retravaillé. J’annonçai en même temps, en publiant Le Mécrit, la fin d’une démonstration appliquée jusqu’alors à la seule pratique poétique : à savoir que la poésie était une lande pelée où le langage ne soufflait plus qu’à « mots couverts », que ses différents fermiers s’y gelaient le cul, que les rats se mettaient à y pisser partout.
Pendant deux ans, je publiai divers morceaux de Louve basse , comptant sur l’événement pour faire « prendre »le discours, mordant sur la tranche d’angoisse qu’on tient généralement à distance, assemblant en moi comme une figure furieuse de chien et occupé à déterrer peu à peu l’objet d’un plus fort désir : un os à ronger « toujours », mon os de mort sur quoi je m’excitai à fond. Je lus beaucoup, visitant des cimetières et accumulant comme un chien – ce dont la louve n’est que l’avatar déplacé et asymbolique.
J’examinai, aussi, de façon obscène, la littérature ( Louve basse , dans son projet initial, devait s’appeler La Femme et la prose ), repensant vaguement au Cymbalum mundi qu’on avait brûlé en place publique parce que Bonaventure Des Périers y faisait tenir des propos philosophiques par des chiens. En fin de compte, rien ne me parut vraiment irréductible à la vocifération humaine généralisée, par quoi la Mort ne cessait de m’asticoter, et l’écriture de m’envahir.
Au printemps 74, d’accord avec le jésuite Spiegel qui disait que les « fesses ont été données à l’homme pour qu’étant commodément assis, il puisse se livrer à son aise à l’étude des choses divines », je disposai autour de ma machine à écrire les 4 à 500 feuillets de ce que j’appelais mon « ensemble rongeur » et j’y allai une dernière fois, dans une langue de vent violent où j’eus beaucoup de peine à ne pas être tué, agité d’un vaste désespoir de danse, de musique et de nudité.
Denis Roche












